Planète

Nerya

Le monde océan aux deux lunes : 88 % d'eau turquoise, des forêts pourpres, des marées de trente mètres et des villes couchées le long des côtes — un monde habitable dont le nom seul agace les Araziens.

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Vue orbitale de Nerya, monde océan turquoise à deux lunes

Nerya est un monde de roche et d’eau un peu plus grand que la Terre : 15 800 kilomètres de diamètre, une gravité de 1,12 g, un jour de 27 heures 40 et une année de 418 jours. Il y fait 17 °C en moyenne, l’air est fait d’azote et d’oxygène, et un humain pourrait y respirer sans appareil — ce qui, dans le Codex, n’est jamais un détail anodin.

Les archivistes d’Oravaya Prime détestent en écrire le nom. Nerya n’a rien à voir avec la Ceinture de Norya : elle tourne autour de l’étoile de Vandoria, à l’autre bout des cartes, dans le même système que Sayop. Une lettre les sépare, et des siècles de rapports mal classés.

Les océans turquoise

Planche d’observation de Nerya : archipel turquoise, montagnes enneigées et végétation pourpre L’eau couvre 88 % de la planète, et ce n’est pas une eau ordinaire. Les océans de Nerya sont chargés de minéraux dissous et de micro-organismes qui vivent de la lumière : ils prennent un bleu-turquoise presque lumineux, visible depuis l’espace comme une pierre polie. Dans les grands fonds, ces mêmes organismes s’allument — on y descend au milieu de nappes de lumière froide qui se déplacent toutes seules.

Avel-Sar, la ville couchée

Avel-Sar de nuit, ville basse étalée le long d’un delta, lumières le long des fleuves Les petites lumières visibles sur la face nocturne ne sont pas naturelles. Nerya porte une civilisation technologique, installée le long des côtes et des grands fleuves. La plus vaste de ses agglomérations, Avel-Sar, compte environ 64 millions d’habitants et brille assez fort pour être repérée à plusieurs centaines de milliers de kilomètres.

Mais les Néryens ne bâtissent presque jamais en hauteur. Là où Sayop empile ses mégapoles jusqu’aux nuages, Avel-Sar suit le relief et s’étale sur des centaines de kilomètres, épousant les deltas et les vallées. Vue d’en haut, ce n’est pas une tour : c’est une racine.

Les forêts pourpres

Forêt néryenne aux feuillages pourpre sombre sous un ciel bleu pâle La végétation de Nerya n’est pas verte. Ses plantes absorbent surtout le bleu et le vert de leur étoile, et renvoient le reste : les forêts sont rouge sombre, pourpres, parfois presque noires. Depuis le sol, le tableau est complet — ciel bleu pâle, mer turquoise, montagnes grises frôlant les 8 000 mètres — le plafond de ce qu’une gravité de 1,12 g laisse tenir debout, et des forêts violet-noir qui montent à leurs pieds.

La faune suit la même logique de l’étrange : de grands animaux amphibies qui passent d’un monde à l’autre sans y penser, des créatures volantes qui exploitent une atmosphère plus dense que la nôtre, et des prédateurs capables de sentir les champs électriques de leurs proies avant même de les voir.

Un ciel qui n’a pas de mesure

Cyclone géant de Nerya vu depuis l’orbite basse, aurores visibles jusque dans les latitudes tempérées L’atmosphère de Nerya est plus épaisse que celle de la Terre, et tout y prend des proportions démesurées : des nuages qui montent à plus de 25 kilomètres, des pluies tropicales à noyer une vallée en une nuit, des cyclones de plus de 500 kilomètres de diamètre, et des aurores polaires qu’on voit jusque dans les régions tempérées.

Et puis il y a les deux lunes. Kelis et Orma tirent sur les mêmes océans, et quand elles s’alignent, la mer monte de vingt à trente mètres sur certaines côtes. Les Néryens ne luttent pas contre ces marées : ils construisent en sachant que la mer viendra, et ils s’écartent.